Éloigner les pigeons de la maison sans leur nuire : ce que la pratique m’a appris

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Maison paisible avec jardin et dispositifs discrets pour éloigner les pigeons sans leur nuire

Le battement sec d'une aile m'a tiré vers la fenêtre, alors que France Bleu Bresse parlait encore dans la cuisine. Sur le rebord, un pigeon a posé une patte, a fait un petit appui du bout des doigts, puis a glissé sous une tuile avec un brin de paille. Je me suis figé devant ce détail, et le roucoulement très bref m'a paru plus net que le reste du quartier. La tuile avait un bord clair, presque sec, et le brin dépassait d'un angle que je n'avais jamais remarqué.

Quand j'ai commencé, je ne savais pas vraiment où ils s'installaient

Quand j'ai commencé, ma maison ancienne dans l'Ain me laissait peu de marge. Je travaillais encore à mes articles, et mes soirées passaient vite avec ma femme et nos deux enfants adultes qui venaient dîner. Je suis parti avec l'idée qu'un rebord propre, deux picots et un peu de patience suffiraient. En tant que rédacteur du magazine Anti nuisibles, j'ai surtout appris à regarder les appuis avant les oiseaux.

J'ai été convaincu, au départ, que les solutions classiques feraient le travail. J'avais en tête les picots, le ruban réfléchissant, puis un filet léger sous la corniche. Je n'avais pas encore regardé le dessous de tuile, ni le petit vide où ils aiment se glisser. Le support était sale, avec une fine trace en éventail de fientes sèches, et le coin gardait une odeur âcre dès qu'il faisait chaud.

J'avais laissé des miettes de pain sur l'appui après le petit déjeuner, et je les ai vus revenir le soir même. J'ai fixé mes premiers picots sur la corniche sans tout gratter avant. Mauvaise idée. Une bande propre restait juste à côté, et les pigeons se sont décalés de vingt centimètres, puis de trente, comme s'ils testaient ma patience. J'ai accumulé pas mal de petit matériel inutile, et je me suis retrouvé avec les mêmes traces blanches et grises sur la gouttière voisine.

Le jour où j'ai vu ce pigeon passer sous la tuile, tout a basculé

Le matin où j'ai vu le pigeon passer sous la tuile, le quartier dormait encore. Le soleil arrivait bas, et seul le roucoulement montait du toit avant le lever du jour. L'oiseau a avancé, a tapé deux fois des ailes dans le vide de toiture, puis a disparu avec sa paille. Il a touché la tuile du bout des pattes avant de se caler, et là j'ai compris que ce n'était pas un simple passage.

Je suis rentré chercher une lampe plus puissante et je me suis retrouvé sous l'avancée avec les mains noircies. Derrière la tuile, j'ai trouvé un nid à moitié caché, des brindilles, quelques plumes et un petit tas de fientes compactes. La poussière collait au ciment, et les coulures blanchâtres sur la gouttière trahissaient un passage ancien. Mon expérience du terrain m’a appris que le vrai indice est par moments minuscule, et qu'un contrôle visuel du dessous de tuile et de la gouttière oriente plusieurs fois la recherche.

À ce moment-là, j'ai compris pourquoi mes picots extérieurs ne changeaient presque rien. Le nid était protégé de la pluie, dans un volume sec, et le passage se faisait par dessous. Un filet mal tendu n'aurait fait qu'une poche, et un ruban brillant n'aurait changé que le décor. Le point faible était là, à quelques centimètres sous la tuile.

J'ai hésité dix minutes avant de toucher quoi que ce soit. Je ne voulais ni blesser l'oiseau ni arracher la mauvaise tuile, alors j'ai appelé un couvreur qualifié pour confirmer le point toiture. Je me suis senti plus calme après ça, parce qu'il m'a dit de ne pas forcer sur la partie soulevée ni de toucher à la structure sans avis. Pour ce genre de cas, j'ai préféré rester simple et propre.

Ce que j'ai essayé ensuite, entre réussites et ratés

J'ai commencé par nettoyer en profondeur, et là, l'odeur m'a pris à la gorge. J'ai passé deux jours dessus, avec des gants, une brosse et un seau d'eau chaude savonneuse. Au bout de la première heure, j'avais déjà rempli un sac de brindilles, de poussière et de fientes sèches. La zone a paru plus grande aussitôt que le support a repris sa vraie couleur.

Ensuite, j'ai posé une barrière physique sous la tuile, avec du grillage fin et du fil de fer inox. J'avais mesuré six mètres de façade à traiter, puis j'ai tendu un fil sur deux mètres le long de la corniche. Le premier filet était trop lâche, laissait une poche, et l'oiseau a tenté de passer derrière au troisième jour. Pas terrible. Vraiment pas terrible.

J'ai repris les points d'ancrage, puis j'ai ajouté des picots sur les rebords voisins. Pendant douze minutes chaque matin, je levais la tête pour voir si un nouveau plat n'attirait pas les pattes. C'était pesant, je ne vais pas faire semblant, mais j'ai fini par repérer le moindre retour. À force de surveillance, les allers-retours ont diminué et je dormais mieux.

La surprise est venue d'un coin que je n'avais pas inspecté, sous le volet roulant de la chambre d'amis. Un pigeon s'y posait à côté du grillage, battait une fois des ailes, puis repartait sans pouvoir entrer. Le bruit restait mat, presque sourd, quand l'air passait sous la tuile. Quand mes deux enfants adultes sont venus déjeuner, ils l'ont remarqué avant moi.

Avec le recul, ce que cette expérience m'a vraiment appris

Avec le recul, ce que j'avais sous-estimé, c'était le nettoyage avant toute pose. Une corniche encore sale laisse toujours un petit espace propre, et c'est là que les pattes se décalent. Je suis devenu plus méfiant devant les rebords ombragés, parce que la poussière cache vite les indices. J'ai aussi compris leur fidélité au nid, presque têtue.

Si c'était à refaire, je ne poserais plus un picot sur un support sale. Je vérifierais d'abord les accès cachés sous les tuiles et sous le volet roulant, puis je fermerais le passage avant de bricoler le reste. Je ne miserais pas sur un objet brillant seul, parce qu'il a tenu deux jours chez moi avant d'être ignoré. Ce chantier m'a appris à accepter le temps long, même quand le toit me regardait de travers.

Pour quelqu'un qui a peu de temps et un budget serré, la simplicité m'a paru la seule voie supportable. Pour quelqu'un à l'aise avec le bricolage, une fermeture plus complète sous toiture peut faire gagner du calme. Pour une famille avec enfants, je resterais prudent sur l'échelle, les gants et les odeurs, parce que la poussière monte vite. Et pour une tuile cassée, j'ai laissé le couvreur regarder le point précis.

J'ai essayé un répulsif sonore, puis un faux rapace posé sur la gouttière, et je les ai retirés sans regret. Les ultrasons n'ont pas changé leur manège, et le rapace factice a fini par prendre la pluie avec moi. J'ai aussi écarté l'idée de nourrir ailleurs pour les déplacer, car je ne voulais pas créer un autre point d'appel. Ce genre d'objet attire par moments leur curiosité, rien .

Voir ce pigeon glisser avec sa paille sous la tuile, c'était comme découvrir une pièce secrète de ma maison que je n'avais jamais vraiment regardée. Depuis, quand je passe devant le marché couvert de Bourg-en-Bresse, je pense encore à ce rebord discret qui avait pris ses habitudes. Les solutions physiques bien posées et précédées d'un nettoyage sont celles qui ont tenu chez moi, et les pigeons ne font que se décaler de quelques centimètres quand tout est mal ajusté. Pour quelqu'un qui accepte de remonter à l'échelle et de reprendre une fixation, le résultat m'a paru net et durable pendant six semaines.

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